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Défi : la fin du monde. Le survivant

Texte écrit en 2006 (ça nous rajeunit pas ^^). Il colle bien avec le thème.
Auteur : dékado
Type : fanfic
Pairing : Harry et Severus
Nombre de mots : 1340
Rating : M

Tout appartient à JK Rowling, même moi.

Personnage principal : Harry

Le Survivant

Je marche avec difficultés, j’ai perdu une chaussure.

Je dois faire attention à ne pas me blesser, il y a des éclats partout jonchant la terre sèche et poussiéreuse. Des éclats de quoi, je ne sais pas mais ça coupe, on dirait du verre… La terre aurait-elle tellement chauffé qu’elle se serait vitrifiée !

Je ne sais pas où je vais, je crois qu’il n’y a nulle part où aller. Je m’arrête, mets ma main au dessus de mes lunettes pour apercevoir l’horizon. Le ciel est rouge, la terre est rouge, … désert rouge où il n’y a pas d’horizon. Pas d’arbres, pas un brin d’herbe, c’est la fin du monde… une fin que j’ai accélérée.

Mes seuls points de repères sont les corps qui jonchent le sol. Certains sont à peine reconnaissables, d’autres pas du tout. J’ai mal. Mes mains ont été brûlées par ma baguette, elle m’a littéralement explosé dans les mains alors que je la cramponnais, donnant toute ma puissance pour gagner.

J’ai gagné.

La terre est rouge et il n’y a plus d’horizon.

J’enjambe un corps qui me barre la route. Celui là n’a pas l’air trop abîmé. Je m’arrête… qui est ce ? J’ai envie de savoir. Je n’ai rien à faire d’autre de toutes façons. Je n’ai rien qui m’attend et rien qui me retient.

Je n’ai plus d’horizon.

De mon pied nu, je pousse le corps pour le retourner sur le dos. Il a les yeux fermés, son visage est serein, il a du sang sur la poitrine et un trou dans le bras. Il a eu de la chance, il a conservé son visage, ce n’est pas le cas des autres.

Je laisse glisser ma plante de pied sur sa gorge tendue vers moi, sa tête est rejetée en arrière. Il n’a jamais été aussi offert, aussi vulnérable… il faut vraiment qu’il soit mort pour accepter cette position presque sensuelle. Sa bouche est entrouverte comme s’il avait poussé un soupir de plaisir sous la montée d’une jouissance imprévue.

Jouissance imprévue d’une mort annoncée.

Mon pied caresse sa joue qu’il a rugueuse. Alors, …Monsieur Snape ne s’est pas rasé ce matin ! Pourtant c’était un grand jour… un jour de gloire et de bataille. Un jour qui devait être le début de quelque chose, quelle que soit cette chose, mais certainement pas le début de la fin.

Sa joue a presque la couleur de la vie, rougie par la lumière ambiante. Oui, une jouissance imprévue… il en a encore le rouge aux joues. La chaleur du soleil lui donne un semblant de vie, il n’est pas froid sous mon pied nu.

J’enlève mes lunettes, elles me glissent du nez et de toutes façons, il n’y a rien à voir. Plus par habitude que pour autre chose, je les range dans la poche de mon pantalon. Enfin, ce qu’il reste de mes pantalons. J’ai tout cramé, même mes vêtements… même la peau de mes mains, rouges et cloquées.

Je caresse de mes orteils ses lèvres entrouvertes. Je peux être doux quand je n’ai pas de baguette entre les mains. J’arrive au nez… une émotion me prend, la première depuis des heures. Ce nez, c’est toute mon enfance, c’est mes souvenirs des couloirs de Poudlard, de Dumbledore me regardant de son air malicieux par-dessus ses lunettes en demi-lune.

Quand je caresse ce nez, je revois Ron et Hermione courant avec moi pour faire une bêtise de plus. Enfants heureux… Ce sombre professeur avec son grand nez courbé, c’est mes plus belles années. Incroyable que ce soit lui qui me provoque cette nostalgie… peut être parce qu’il est l’un des rares à avoir encore son visage.

De mon gros orteil je caresse l’un de ses yeux. C’est doux, il a des cils longs… je n’avais jamais remarqué. Peut être parce que lorsqu’il me regardait c’était pour me haïr. Je ne me souviens pas de ses yeux, seulement de son regard haineux, noir et vide comme un tunnel sans fond.

Je le préfère mort que vivant, il est plus beau comme ça. Il pourrait presque être mon ami. Plus d’injures, plus de remarques blessantes et sadiques, plus de regards méprisants.

Alors, Monsieur le Mort…veux tu être mon ami ? Je l’entends dans ma tête me répondre « Même pas en rêve, Potter !» .

Instinctivement, mon pied s’est reposé sur sa gorge offerte. Il n’est pas si mort que cela l’ami ! Pas si facile que ça d’écraser un cafard… pourtant… mon pied appuie un peu plus sur son cou.

« Vous n’oseriez pas !» . J’ai bien osé tuer l’autre qui était dix fois pire que toi, cher ami. Si tu savais ce que j’ai osé depuis ce matin… je n’en suis pas à un cafard près. Il ouvre un œil qu’il referme aussi vite, la lumière rouge doit le blesser. Qu’a-t-il vu de moi… une ombre menaçante, seule ombre dans le désert environnant.

Il est à ma merci. Je pourrai écraser son cou pour l’achever. Qu’il suffoque et s’étouffe lentement… qu’il meure comme les autres sont morts. Les autres qui n’ont plus de visage.

Ma puissance m’a échappé, j’ai tué tout le monde, les bons comme les méchants. Maintenant ils sont tous neutres. J’ai gagné !

J’ai les ais tous perdu, mes amis comme mes ennemis. Mais il m’en reste un… comment a-t-il survécu alors que Voldemort a littéralement fondu devant moi !

Il déglutit. J’allège la pression de mon pied. Que vais-je faire de lui ? L’achever semble une bonne idée, mais….. je ne veux pas rester seul dans ce désert rouge et brûlant. Je veux que mon ennemi m’accompagne, je veux que nous nous perdions ensemble dans ce monde mort.

« D’accord, Potter, tout ce que vous voudrez… ». Il ouvre les yeux et je vois dans son regard la souffrance de son corps. Il a mal. Moi aussi j’ai mal. J’ai aussi du mal à dégager mon pied qui revient sur sa bouche et caresse ses lèvres. Je sens son souffle saccadé sur ma peau nue… il a peur.

Il a peur de moi. Il a raison. Moi aussi j’ai peur de moi.

Je suis partagé entre plusieurs envies. Envie d’écraser mon cafard, j’avais une vengeance à assouvir avec lui, envie de garder mon cafard avec moi.

Son souffle devient strident, il doit avoir un poumon atteint… et là il est en train de paniquer. Snape qui panique, je dois vraiment être effrayant.

J’ôte mon pied de ses lèvres et me laisse tomber à genoux à ses côtés. Je repousse sa robe noire, complètement déchirée mais qui tient encore aux épaules. Sa chemise est dans le même état, tachée de sang. J’écarte les linges souillés qui collent à sa peau. Il est bien abîmé mon cafard… en fait, il n’a eu qu’un petit répit… juste le temps que je le trouve et que je caresse ses lèvres.

Pourtant les autres je les ais tous tué, mes éclairs sont partis dans toutes les directions allant frapper en priorité les visages, puis les corps, les brûlant…. Puis cette déflagration, cette vague de puissance brûlante qui est sortie de moi et a tout ravagé sur son passage.

Lui, ses blessures correspondent plus à un choc qu’à une électrocution. « Bouclier… ». Il me parle, sa voix est enrouée. Il a du se protéger de moi par un bouclier magique mais le choc en retour lui a défoncé la cage thoracique.

Il est vraiment très fort. Qu’est ce que c’est que ce bouclier ? Jamais entendu parler. Les autres n’ont même pas eu le temps de penser à un bouclier tellement ça a été rapide. Alors, lui, comment a-t-il eu le temps…

Qu’importe, il est mourant.

Je vais rester auprès de lui et le regarder s’éteindre doucement. Oui c’est ce que je vais faire.

Et après je me tuerai, je ne veux pas rester seul…

Je sais, très consciemment, que ma puissance a dépassé les frontières. Comme une immense vague de feu, j’ai englobé le monde et j’ai brûlé le monde. Je ne veux pas rester seul.

Je ne veux pas être le survivant.

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Tags: 21/12/12, auteur : dekado, défi, fanfic
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